Les 7 leçons du mémo sévère sur le numérique

juil 5, 2014 0

Comme d’autres grands médias, le New York Times s’est retrouvé au centre d’une crise dans laquelle la partie la plus visible est le départ de sa directrice de la rédaction, Jill Abramson, remplacée, jeudi 15 mai, par Dean Baquet.
Au même moment a fuité, sur le site d’information Buzzfeed, un long mémo sur l’innovation dans le célèbre quotidien américain, peignant un tableau sombre de sa stratégie numérique. Ces 90 pages constituent un document rare.

Y a-t-il un lien entre les deux événements ? Parmi les raisons du départ de Mme Abramson, les médias américains ont souvent souligné l’aspect personnel et son style rigide de management. Mais d’autres ont mentionné ses protestations contre l’ampleur des ressources dédiées à la vidéo, ou la pratique trop poussée du native advertising, forme moderne de publi-rédactionnel.

Le document d’audit a été rédigé par un groupe de huit personnes au fait des questions numériques, dont AG Sulzberger, fils et potentiel héritier du propriétaire du journal, qui avaient à l’origine pour mission de trouver une ou plusieurs idées de nouveau produit ou format. Les auteurs suivent un axe délibérément réformateur, soulignant peu que le journal est bénéficiaire, notamment grâce à ses 800 000 abonnés numériques. Mais leurs conclusions sont éclairantes sur les défis du New York Times et, par extension, des grands médias généralistes traditionnels. En voici les points saillants, et pour les plus curieux, le document, en pied de post.

[Voir le document complet ci-dessous ou les extraits sélectionnés par le site d'étude des médias Nieman Lab]

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Robert Moran – Underwood

1. La concurrence et les supports évoluent vite

Le rapport prend acte de l’augmentation du nombre de concurrents dans le domaine de l’information. Il souligne que les concurrents traditionnels du New York Times – ceux avec lesquels il a longtemps lutté sur le terrain de la diffusion papier et bataille, aujourd’hui, sur celui des abonnements numériques – ont aux aussi entrepris leur adaptation à l’ère numérique, alors que le New York Times était jugé précurseur. Il cite ainsi le Washington Post, le Wall Street Journal, USA Today…

Mais il s’inquiète aussi de l’arrivée de nouveaux entrants (par exemple les groupes Vox Media, First Look Media, ou les sites Buzzfeed, Huffington Post…), qui “façonnent des rédactions conçues pour le numérique”. “Les médias numériques deviennent plus nombreux, mieux financés et beaucoup plus innovants”, souligne le rapport.

2. Peu d’attention est accordée au web social

Si la rédaction du NYT accorde une immense attention à la qualité des contenus, le rapport estime qu’elle ne déploie pas suffisamment d’efforts pour apporter ces contenus au lecteur. La distribution des contenus (quels éléments publier sur quel support), leur promotion et la mise en place d’un dialogue avec les lecteurs ne sont pas suffisamment assumés par la rédaction.

Faute d’occuper ce terrain, les journalistes du NYT laissent d’autres plate-formes prospérer, y compris sur la base de contenus produits par le NYT, note le rapport. Exemple : le Huffington Post a obtenu plus de trafic en agrégeant les contenus du NYT sur la mort de Mandela que le NYT lui-même. “Vous vous êtes fait écraser, a lancé un responsable du HuffPo à l’adresse de l’équipe du NYT. Mais c’est à vous de vous protéger des pickpockets numériques en proposant de meilleurs titres et un meilleur accompagnement sur les réseaux sociaux”. Avant de publier un gros contenu, le NYT ne réfléchit pas à ce qu’il pourra publier dans la foulée, quand le sujet se répandra sur le web, note le rapport.

Conséquence générale : l’audience du site nytimes.com, de sa page d’accueil et des applications mobiles sont orientées à la baisse, selon le document. Le rapport note que 60 % de l’audience de Buzzfeed provient des réseaux sociaux, selon le site, contre 10 % au New York Times.

think tank magazine   Cerise D utoopics 6 Les 7 leçons du mémo sévère sur le numérique

Cerise D - Égarements « Café de Flore »

3. La culture du papier reste prédominante

Le rapport souligne que “les habitudes et traditions construites depuis un siècle et demi autour de la publication quotidienne du journal constituent une puissante force conservatrice à l’heure où nous migrons vers le numérique – notamment l’attraction gravitationnelle de la Une”.

Symptômes de cet enracinement culturel : les sujets sont publiés surtout en fin de journée (avant le bouclage print), les applications mobiles sont structurées selon les rubriques du journal et l’attention des éditeurs se porte davantage sur la mise à jour de leur page de rubrique que sur la stratégie de promotion des contenus sur les médias sociaux. “Il est essentiel de commencer à questionner nos traditions print-centrées”, recommande le document.

4. On se concentre sur les « grosses » innovations difficilement reproductibles

Les innovations éditoriales du New York Times les plus marquantes sont souvent de grosses productions événementielles, notent les auteurs : par exemple, le Dialect Quiz (un questionnaire sur les accents américains qui serait le contenu le plus consulté de l’histoire du titre avec 21 millions de pages vues) ou Snowfall (webdocumentaire dédié à une avalanche).

Selon l’éditeur du site d’information économique Quartz, cité dans le rapport, il vaudrait mieux « chercher à rassembler des outils qui permettent de créer des Snow Falls tous les jours ». Sont cités en exemple les quizz de Buzzfeed, format récurrent très viral quitte à devenir trop systématique. Ou les « collections » d’articles intéressants, sur un sujet ou un angle choisi, un format que la cellule recherche et développement du New York Times aimerait mettre à disposition des journalistes voire des lecteurs.

5. La rédaction est isolée de la technique, du graphisme, du marketing…

« Considérer le service « Expérience du lecteur » comme une extension de la rédaction devrait être la prochaine étape logique dans la démarche de long terme de Jill Abramson visant à créer une rédaction avec des fonctions numériques intégrées, car ce département possède des savoir-faire numériques importants », écrivent les auteurs.

Le service « Expérience du lecteur » du New York Times rassemble 30 designers numériques, 30 analystes de données, 120 personnes chargée du développement produit et 445 informaticiens et ingénieurs, selon le document.

Ce département est distinct des services marketing et commerciaux mais il semble que pour la rédaction, avoir des contacts avec les autres services reste assimilé à un danger de compromission du contenu. Il faudrait selon les auteurs abandonner les « métaphores » généralement utilisées pour séparer la rédaction des autres services : « le mur » de séparation entre « l’église et l’Etat ».

Le risque de collusion entre rédactionnel et marketing ou publicité demeure mais le rapport estime que l’urgence du moment est de décloisonner. Il cite en exemple des projets innovants intéressants et nés hors du seul orbite de la rédaction : l’application mobile d’actualité sélectionnée NYTNow ou la section Cuisine. Un responsable de The Upshot, le projet de décryptage pédagogique de l’actualité lancé par le New York Times dit dans le rapport qu’il avait du mal à trouver des gens pour discuter de plateforme, d’ergonomie…

think tank magazine   Sans titre 2 Les 7 leçons du mémo sévère sur le numérique

Florian Bodet stopped by NYC and couldn’t decide where to go par Romain laurent

6. Promouvoir et garder les connaisseurs du numérique est difficile

Les auteurs ont demandé leurs motivations à cinq personnes ayant quitté le New York Times. « Je regardais autour de moi dans l’organisation et je voyais les meilleurs jobs – même certains avec des profils de postes spécifiquement numériques – être attribués à des personnes ayant peu d’expérience dans le numérique. Pendant ce temps, des journalistes avec d’excellentes références dans le domaine restaient employés à bouger des articles sur la page d’accueil du site », dit l’une d’elles.

Il y a trop peu de connaisseurs du numérique dans les postes à responsabilité du titre, selon le rapport. Et aussi trop peu de designers, informaticiens, analystes, responsables produit…

7. L’innovation ne fait pas l’objet d’une attention constante

Comme dans la plupart des rédactions, l’équipe de direction est accaparée par le travail quotidien et n’a pas le temps de travailler sur les sujets de long terme, selon les auteurs. Le rapport suggère la constitution d’une équipe stratégique dédiée qui puisse conseiller la direction et échanger avec la rédaction. Et pousser la rédaction à être présente dans les projets d’innovation développés dans d’autres services.

Les auteurs suggèrent aussi que l’innovation et les expérimentations soient encouragées, au niveau des employés. Que bloquer une innovation soit moins facile qu’aujourd’hui et qu’on soit moins perfectionniste au moment de tester des choses.

Publié le 16 mai 2014 sur lemonde.fr, article d’Alexandre Piquard

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Spectacle en ligne : une nouvelle scène ?

juil 3, 2014 0

Convaincu que le numérique est un levier de créativité et de croissance pour le spectacle, les entrepreneurs de spectacles en France rassemblés au sein du Prodiss, ont souhaité voir analysée la manière dont dialoguent le numérique et la scène à l’heure de la dématérialisation de la musique. Pour la première fois, ce document inédit réalisé par le cabinet Idate vient dresser un état des lieux de ce secteur économique en plein essor que constitue la diffusion des spectacles en ligne.

Que retenir de cette étude ? Les spectacles en ligne, une économie à fort potentiel

Rien que sur Youtube, 83 millions de vidéos musicales live sont actuellement disponibles. L’essor et la diffusion de ces vidéos ont été accélérés par un fort perfectionnement des outils numériques et des canaux de transmission qui permettent à ces spectacles qui réunissent chaque année plus de 20 millions de spectateurs, d’être toujours plus partagés. Or, l’étude relève que seulement 5% de ces captations proviennent de comptes officiels d’artistes ou de professionnels de la musique. Elles participent néanmoins à une économie qui se structure et qui répond à une demande toujours croissante de la part du public. Grâce à des modélisations prenant appui sur des live d’artistes français diffusés en ligne, l’étude « Spectacles en ligne : une nouvelle scène ? Décryptage et leviers » souligne les revenus générés par les flux de vidéos de live et qui pourraient exister pour les artistes, les ayants-droit et les parties prenantes aux spectacles.

think tank music magazine   Irma Gruenholz utoopics 11 Spectacle en ligne : une nouvelle scène ?

II Ballerino del Silenzio par Irma Gruenholz

Un secteur en plein essor mais qui doit rester équitablement structuré et accessible

Après avoir analysé les bénéfices économiques mais aussi culturels, sociaux et créatifs générés par une offre de spectacles en ligne enrichie, cette contribution souligne la nécessité de veiller à une structuration équitable de ce nouveau secteur économique et d’y associer pour cela tous les acteurs et ayants-droit qui participent à l’émergence de ces nouveaux modèles économiques.
Dans ce contexte, le Prodiss rappelle l’attachement des entrepreneurs de spectacles à rendre ces derniers accessibles à tous et à favoriser la découverte des artistes.

 

think tank music magazine   Ethan Wiese 2 utoopics Spectacle en ligne : une nouvelle scène ?

Ethan Wiese – The Internet in motion

Quels usages et attentes des Français en matière de spectacles en ligne ?

Le sondage « Les Français, les spectacles vivants et le numérique » réalisé par Harris Interactive corrobore ces résultats en analysant les usages et attentes des Français quant aux spectacles en ligne et leur diffusion. Il ressort que plus de 2/3 des Français ont déjà visionné un spectacle via un écran et que le visionnage de spectacles en ligne s’avère complémentaire d’une expérience sur scène.

Article publié le 22 mai 2014 par Irma.

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Radio : la discrète ascension numérique

juil 2, 2014 0

La radio se porte bien. Mais cette prospérité lui coûte peut-être sa place dans le paysage numérique. Aujourd’hui, quels défis techniques, éditoriaux et économiques la radio doit-elle relever pour prendre le virage numérique ?

La radio se porte bien : très largement écoutée (plus de 81% de la population française écoute la radio tous les jours), elle pèse 1,6 milliards d’euros de chiffre d’affaire cumulé en France. Paradoxalement, cette prospérité lui coûte peut-être sa place dans le paysage numérique, que d’autres secteurs ont investi plus massivement. Aujourd’hui, quels défis techniques, éditoriaux et économiques la radio doit-elle relever pour prendre le virage numérique ? Éléments de réponse avec les experts que le Social Media Club a réuni à l’occasion d’une conférence animée par Julien Jacob, fondateur de Media2.fr.

Un marché dynamique doté de nombreux atouts

Si la radio est un média qui résiste bien à la crise (toutes proportions gardées), c’est aussi le média en lequel les français ont le plus confiance. L’étude réalisée par l’institut TNS-Sofres indique en effet un indice de confiance de 58%, soit une progression de quatre points par rapport à l’année 2013.

think tank music magazine   Confiance Radio utoopics Radio : la discrète ascension numérique

Ce dynamisme confère au secteur radio une situation suffisamment confortable pour dégager des moyens financiers qui lui permettent de rattraper son retard. Et elle part avec des atouts : la radio n’a pas attendu l’arrivée du numérique pour être mobile explique Xavier Filliol, responsable du contenu et développement chez RadioLine : 30% de la consommation radio se fait en situation de mobilité, tandis que 12% des français l’écoute sur un « nouveau support » (smartphone, tablette). Or le mobile est clairement la bataille à gagner pour Joël Ronez, responsable du pôle nouveaux médias de Radio France : « la radio est encore en course puisque le téléphone portable est le terminal individuel permettant d’embarquer des contenus sonores facilement ».

C’est sur ce constat qu’est né Bobler, une application web et mobile permettant d’enregistrer et d’écouter de courts contenus vocaux géolocalisés. Marc-Antoine Durand, co-fondateur de la start-up, explique que la voix est « le média le plus simple et le plus direct, adapté aux situations de mobilité et au multitasking ». Le son aurait en outre une dimension émotionnelle bien plus forte que d’autres formats, comme la vidéo ou l’écrit : les auditeurs ont l’impression que le message vocal leur est directement adressé. La start-up travaille d’ailleurs en partenariat avec le Musée du Louvre qui a choisi d’enrichir son offre physique par des contenus sonores complémentaires.

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Pink Radio – Robert Moran

Historiquement mobile donc, mais aussi participative, la radio a toujours su mixer information et divertissement, deux valeurs fortes du social media : pour Joël Ronez (Radio France), parler de « social radio » serait donc un pléonasme. Il n’en reste pas moins que les médias sociaux permettent d’aller plus loin encore dans le partage et l’engagement, note Tristan Jurgensen, directeur général de RTLNet.

Délinéarisation, fragmentation, sophistication… comment évoluent nos usages radio ?

Si les « bulles » vocales de Bobler ne peuvent excéder deux minutes, c’est que la start-up a bien compris l’importance du format court. Comme l’explique Joël Ronez, les contenus doivent être sécables et indexables pour être partagés. L’indexation est d’ailleurs un des points noirs du format web pour la radio : bien que quelques modèles innovent en la matière à l’image de Blinkx, les moteurs de recherche traditionnels ne sont pas prévus pour indexer les contenus audio, un travail de création et d’adaptation textuel reste donc primordial.

La radio est par ailleurs de plus en plus souvent consommée en différé. Les avancées technologiques et l’avènement des réseaux, avec la 4G, devraient d’ailleurs accélérer la consommation en streaming. Xavier Filliol (Radioline) note lui un enrichissement important du paysage radiophonique délinéarisé français (podcasts, streaming différé et à la demande…) avec une audience qui équivaudrait à 10 % de l’écoute FM en nombre d’auditeurs quotidiens (4,3 millions). Autre élément à garder en tête : la France est le pays européen qui compte le plus de webradios (plus de 1 000), et leur audience peut aujourd’hui rivaliser avec celles de stations FM nationales sur internet, comme c’est le cas pour Hotmixradio.

Enfin, et assez étrangement, les sites de streaming musicaux gratuits (Deezer) n’ont pas développé de coopération poussée avec les radios FM, partenariats pourtant lucratifs aux États-Unis (iHeartradio) et au Royaume-Uni (Absolute Radio) déplore-t-il. Xavier Filliol met également en avant la fragmentation de l’offre radiophonique : les auditeurs « zappent entre trois à cinq contenus au minimum et peuvent aussi bien écouter avec autant de fidélité Europe 1 le matin que NRJ le soir ». Selon lui, les radios sont finalement assez complémentaires entre elles car elles offrent à un même public des contenus complètement différents au cours de la journée.

Mais la radio se consomme aussi en images : modules courts d’éclairages sur l’actualité, éditos, fact checking (comme le décodeur de RTL), zapping… l’image s’impose sûrement. Douze heures de direct sont filmées chaque jour sur RTL, et avec 4 millions de visionnages depuis le début de l’année, la radio a ainsi doublé son audience témoigne Tristan Jurgensen. Mais la « radio vision » ne se limite pas seulement à l’enregistrement d’une émission souligne Xavier Fillol : RadioLine travaille surtout les images, les infographies, les photos, « on reste sur le média radio, mais en l’enrichissant ».

 

think tank music magazine   Ethan Wiese utoopics Radio : la discrète ascension numérique

Ethan Wiese – The Internet in motion

Les nouveaux défis numériques de la radio

Comme résumé par Joël Ronez, « dans le monde analogique, la diffusion est une affaire de pylônes et de technique. Dans le numérique, c’est du marketing ». C’est le métier d’Adswizz, société technologique internationale qui offre aux éditeurs et aux agences trois produits : diffusion publicitaire, outil de mesure d’audience et solution technique de monétisation (sous forme de plate forme d’agrégation d’audience sur des cibles identifiées). Adswizz innove avec ses « audiometrics » (qu’il s’agisse d’impressions audio ou des outils d’analyse comme le tracking des actions) là où la fiabilité de « la 126 000 » est elle discutée, car elle utilise le mode « panel » (la 126 000 Radio est la mesure d’audience de référence de la radio en France, proposée par Médiamétrie).

Concernant la monétisation, la principale difficulté, explique Arnaud Beaussier, directeur du bureau français d’Adswizz, « c’est d’éviter que la publicité ne cannibalise le contenu » : il faut qu’elle le valorise. Selon lui, les sources de revenus pour les services audio ne trouvent plus leur compte dans les displays traditionnels : elles résident à présent directement dans les flux et leur ouverture, qui recèlent d’importantes opportunités de retour sur investissement.

Côté contenu, la radio perd doucement son statut de média prescripteur et doit faire face à une nouvelle concurrence : d’autres formes de musique non linéaire (Deezer, SoundCloud, Umano) rivalisent désormais avec la FM. Selon Joël Ronez, « le social media peut être utile pour continuer à recruter ». Mais c’est sur le terrain de l’innovation technologique que la bataille doit se livrer selon X. Filliol de Radioline. En effet, la radio va devoir trouver sa place parmi la multiplicité de terminaux qui seront connectés (tuner Wi-Fi, consoles de jeu, télévision connectée) et adapter ses formats : c’est l’un des nombreux enjeux de « l’internet des objets », en plein essor. La technologie « in-car » est d’ailleurs à surveiller : ce modèle se popularise sur les automobiles de série, lieux privilégiés de l’écoute radio. Certains constructeurs développent même des interfaces audio adaptées aux contenus écrits pour tenir compte des contraintes ergonomiques et législatives : the Social Radio permet la lecture par voix de synthèse des messages Twitter.

Article de Social Media Club France pour Social Media Club.

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Les illusions de l’innovation inutile

juil 2, 2014 0

Lunettes en réalité augmentée, impression 3D, internet des objets… les pontes de la Silicon Valley et les vendeurs de pelles ne jurent que par ces innovations incroyables qui vont changer nos vies, ils en sont sûrs. C’est oublier un peu vite les freins socio-culturels.

Chaque jour apporte son lot d’inventions et d’innovations technologiques relayées par une presse technologique enthousiaste et une multitude de “geeks” plus ou moins béats d’admiration. Les nouveautés de la Silicon Valley, qui abrite le noyau de start-up le plus dynamique au monde, est relayé par une multitude de sites et blogs américains qui promeuvent cette idée de “révolution technologique permanente”.

Pourtant, régulièrement depuis 15 ans, la Silicon Valley se plante. Lorsqu’elle porte au pinacle en 2003 un réseau social en 3D, le fameux “Second Life”. Une plateforme totalement moribonde aujourd’hui pour n’avoir conquis, dès l’origine, qu’une poignée d’ultra-branchés. La Silicon Valley se rate lorsqu’elle vante la naissance d’un nouveau modèle commercial “disruptif”, l’achat groupé, avec “Groupon”, aujourd’hui confronté aux pires difficultés économiques.

Elle a tort encore, quand elle annonce une nouvelle ère de diversité culturelle grâce à la “longue traîne”, théorie développée par Chris Anderson, ancien rédacteur en chef du magazine Wired. Hypothèse (hélas invalidée), selon laquelle le numérique permettant une diversification infinie de l’offre (pas de problème de stockage, ni distribution), il favorise la diversité de la consommation culturelle.

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iPotty de CTA Digital

CE N’EST PAS PARCE QU’UNE CHOSE EST POSSIBLE, QU’ON VA LA FAIRE !

Chris Anderson a prophétisé le succès foisonnant des artistes méconnus grâce au fait qu’il leur était désormais beaucoup plus facile d’intégrer le marché (coût d’enregistrement, de fabrication ou de distribution beaucoup plus faibles). Sauf que, côté consommateurs, devant le foisonnement de l’offre, la recommandation, orchestrée par les producteurs-distributeurs-médias, restait primordiale. Résultat : aujourd’hui comme avant, les mêmes blockbusters tiennent le haut du pavé des ventes de biens culturels (livre, musique etc.)

De manière générale, les usages progressent moins vite que les innovations technologiques. Ce n’est parce qu’une chose est possible, qu’on va effectivement le faire. Combien de temps ce nouveau service me prend-il pour quel bénéfice réel ? Au détriment de quelle activité, ce surcroît de temps se fera-t-il ? Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Je peux aujourd’hui, en jouant sur toutes les promotions possibles des marques en magasin, réaliser des économies substantielles (voire manger à l’oeil, moyennant quelques carences et prise de poids morbide). Mais il faudrait que j’y consacre un temps et une énergie prodigieuse. Concrètement, personne ne le fait, sinon les névrosés profonds (copyright Emmanuel Torregano).

QUAND LES INVENTIONS ÉCHAPPENT A LEURS CRÉATEURS

Pléthore d’exemples montrent comment les inventions sont détournées de leur usage initial, témoignant ainsi du décalage complet entre les concepteurs et les pratiques du plus grand nombre.

L’une des premières applications du téléphone, qui a assuré sa notoriété, fut le théâtrophone de 1879. Il s’agissait de transmettre en direct des concerts ou des pièces de théâtre à plusieurs destinataires. Les inventeurs du téléphone étaient loin d’imaginer que leur invention allait surtout permettre aux gens de converser sur des sujets plus ou moins futiles.

Internet a été conçu par des chercheurs et universitaires comme une bibliothèque universelle en ligne. C’est devenu un gigantesque magasin où l’on discute et on se divertit (même si l’on y glane au passage quelques infos pour alimenter les deux besoins pré-cités).

Plus récemment, Twitter lancé en 2007, a été pensé comme un outil de micro-bloguing illustré par la signature de l’époque “what are you doing?” (que faites-vous?). Fort heureusement, les utilisateurs y ont trouvé une fonction bien plus intéressante : la transmission d’informations. Le réseau social est donc devenu un outil pour s’informer et le slogan a muté en “Yours to discover” (A vous la découverte).

Les inventeurs sont souvent comme ces parents navrés de voir leur bambin jouer avec l’emballage du cadeau qui leur a coûté les yeux de la tête.

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L’iPad imaginé par un fan d’Apple en 2004

LES USAGES NE PEUVENT ETRE DICTÉS PAR DES INFORMATICIENS

Du temps de la domination Intel-Microsoft, le modèle d’ordinateur que s’échinait à vendre ce méphitique binôme, c’était la super-calculette. Il fallait le PC le plus puissant, le Pentium III machin-chose, la DRam bidule, le bus à x mégahertz (tiens les bus étaient déjà électriques, quelle avance). Les taux d’équipement progressaient mollement, à grand renfort de bourrage de crâne publicitaire.

Et puis, en 1996, Steve Jobs est revenu aux affaires et a mis fin au sketch. Il a compris que l’usager normal se moque éperdument de la tambouille interne des machines. Il a décidé d’inventer plutôt un truc beau, que l’on peut mettre dans son salon, que l’on pourra exhiber fièrement et que l’on prendra donc plaisir à acheter.

Ainsi est né l’iMac, le premier PC qui pouvait s’accorder à la couleur de vos rideaux. Et qui a eu le succès planétaire que l’on sait. Par la suite, Jobs enfoncera le clou en peaufinant le design des iPod et iPhones, jusqu’à rendre marteau ses ingénieurs. Mais démocratisant par ce biais l’informatique et les objets technologiques, comme personne avant lui. Steve Jobs n’était pas un geek, c’était un virtuose du marketing et un fan de design.

L’ingénieur, le technicien, ne peuvent inventer des produits qui marchent*, parce qu’ils ne sont précisément pas comme tout le monde. C’est comme demander à un juriste d’écrire un article dans un journal grand public. Il ne pourra pas, sauf exception, penser comme vous et moi. Et comprendre par exemple qu’il vaut mieux écrire “faire appel” qu’ « interjecter appel”, sinon docteur Ross, on perd le patient. Pardon, le lecteur.

*A contrario, sans ingénieur, ni technicien pas de produit qui fonctionne. Sans Steve Wozniak, pas de Mc Intosh, pas d’Apple… Pas de mépris vis à vis des chercheurs et geeks, au contraire !

think tank magazine   useless invention Andres Maquinita utoopics Les illusions de l’innovation inutile

Andrés Maquinita – Maqui/NIta

NON, MADAME MICHU N’INSTALLERA PAS D’APPLI DE SCAN SUR SON MOBILE

L’informatique n’a aucun intérêt en soi, on ne veut pas savoir comment ça fonctionne, on veut juste que ça fonctionne. Les technologies, on s’en tamponne méchamment le coquillard, ça pourrait bien fonctionner à la vapeur d’eau ou à l’incantation magique… Tant que ça envoie des e-mails à la famille, ça publie des photos des vacances à Djerba et ça fait tourner des vidéos marrantes, ça nous va.

Les ordinateurs, le mobile, c’est sympa. Mais il ne faut pas que ça nous prenne trop de temps. Faut aussi qu’on puisse regarder la télé, sortir, jardiner, bricoler… En gros, vivre, tout bêtement. Et que ça soit pas trop compliqué, hein ! Les technos, c’est comme les blagues, s’il faut un manuel d’explications, c’est mort. Les fonctionnalités avancées, la personnalisation de l’outil, les sous-menus trop “cool” qui permettent de transformer son appareil en fil à couper la roue… En fait, ça n’intéresse qu’une poignée de geeks et de professionnels qui en vivent (les vendeurs de pelle).

C’est pour cela que Google a mis fin à son lecteur RSS, c’est la raison pour laquelle Twitter ne décolle pas dans les usages réels. C’est ce qui explique que les QR codes sont très peu utilisés par monsieur et madame “tout le monde” (moins 15% des utilisateurs équipés de mobiles dotés d’une application dédiée, soit une pénétration ridicule sur l’ensemble de la population).

Non, madame Michu ne va pas rechercher une appli de scan, l’installer sur son mobile, scanner une affiche en pleine rue pour lancer une video fun sur le site, ou détaillant les fonctionnalités incroyables du produit. Madame Michu, elle s’en cogne proverbialement de cette pub et du produit. Elle a d’autres soucis en tête, à commencer par la météo.

Il a fallu attendre qu’Apple invente la molette pour que les baladeurs électroniques multimédia se vendent vraiment (iPod). Il a fallu l’invention du touchpad qui mettait fin aux navigations laborieuses par menus et sous-menus, pour que les ventes de smartphones décollent (iPhone). Il faudra inventer un système automatique et indolore si l’on veut généraliser du push d’information contextuelle.

LA TECHNO EST LIMITÉE PAR LE CULTUREL

Il ne faut pas négliger l’importance des freins socio-culturels au développement des usages. En France, on ne demande pas une réduction Foursquare au restaurant, c’est aussi gênant que de demander un doggy bag à la fin du repas. Ici on retrouve la fameuse distinction entre pays protestants et catholiques, si bien décrite par Max Weber dans “l’éthique protestante ou l’esprit du capitalisme”.

On ne se balade pas avec des lunettes immondes qui nous font repérer et nous singulariser de la pire manière. Le besoin “d’exister” à ce prix est un truc de névrosé ou de nerd. Comment ça, c’est pareil ? (Halte au feu, je plaisante. Quoi que). On ne sort pas son appareil photo en pleine rue pour scanner un bâtiment en réalité augmentée. C’est trop bizarre, c’est un effort incongru, hors des habitudes normales.

Il ne faut pas demander aux gens de faire un effort pour s’adapter au matériel, mais bien plutôt le contraire ! Les lunettes interactives (Google glass par exemple) demandent une certaine pratique, cela donne des maux de tête, voire des nausées au début. Cela ne marchera donc pas plus que la télé 3D. Du moins tant qu’on n’aura pas inventé l’astuce ergonomique qui permet de s’en servir sans y penser et sans désagrément. Ou peut-être justement, contrôlées par la pensée ? Nous n’y sommes pas encore…

L’internet des choses, dernier mot-valise en vogue, permettra à tous paraît-il de porter des appareils connectés, les “wearable devices”, comme on dit quand on est à la page (in, bath, swag, câblé ?). Mais pour faire quoi ? Savoir combien de pas on a réalisés dans la journée, de calories on a brûlées, de périodes de sommeil profond on a eu dans la nuit ? Cela intéresse une minorité de gens, car le service reste faible : cela rend-il vraiment ma vie plus facile, plus riche, amusante et intéressante ? La réponse est non, c’est un gadget qui plaît donc à un public limité comme les ventes et les usages déclinants en attestent.

Les exemples d’innovations géniales, encensées par les magazines techno et qui échouent ou peinent à s’imposer, sont légion. Du portefeuille électronique, à la Kinect en passant par le livre électronique (3% du chiffre d’affaire des éditeurs en 2012 !)…

Il ne s’agit pas d’adopter la posture rigide du vieux con pour qui “ça ne marchera jamais”. Mais entre l’optimisme technophile béat et le refus du changement, il y a une marge. Elle passe par l’étude des usages réels du plus grand nombre, et pas celle des geeks.

Article de Cyrille Franck publié le  sur mediaculture.fr

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Trouver des business models autour des données culturelles

juil 1, 2014 0

La politique du ministère de la Culture et de la Communication (MCC) en matière de numérique se déploie à un rythme soutenu ces derniers temps, marquée par un regard bienveillant. Elle est poussée par Camille Domange, chef du département numérique depuis avril 2013. Sa coloration est assez expérimentale, ce qui pose la question du passage du mode « lab » aux pratiques courantes. A l’occasion de Silicon Valois, un espace de co-working éphémère ouvert installé au MCC du 15 au 28 mai 2014, nous avons fait le point avec Camille Domange sur les apports et les limites de cette orientation.

Après l’automne numérique 2013, où en est-on du développement numérique dans les politiques culturelles de l’État ? Pourriez-vous donner des exemples concrets d’institutions qui s’en sont emparées et de mesures prises par le MCC ?

Depuis plus d’un an, le numérique est au cœur de la politique du gouvernement, à travers la feuille de route du 28 février 2013, et le ministère s’est saisi de cette dynamique gouvernementale pour se l’approprier et créer une politique culturelle en faveur du numérique. La ministre l’avait rappelé en novembre dernier lors de l’Automne numérique : il faut arrêter d’avoir une position défensive envers les pratiques et les usages de l’Internet et montrer que le numérique – on en a la démonstration à travers Silicon Valois –, peut être un levier d’innovation et de création et qu’il a vocation à innerver l’ensemble des politiques culturelles sectorielles. Cela doit concerner aussi bien la recherche que l’éducation artistique et culturelle, le spectacle vivant ou le patrimoine.

Prendre le numérique comme axe de développement est très important puisqu’on est au cœur de la modernisation de notre action publique, on le voit actuellement avec l’open government. Marylise Lebranchu, la ministre de la Décentralisation, de la Réforme de l’État et de la Fonction Publique, a annoncé lors de la conférence de Paris l’adhésion de la France à l’open government partnership (OGP). On restaure la gouvernance des politiques publiques en incluant les acteurs de la société civile. Comment cette puissance créatrice extérieure qu’on fait entrer dans nos organisations participe à refonder les politique culturelles et à moderniser nos dispositifs d’intervention ?

De façon concrète, le numérique s’est organisé autour de différents leviers à travers douze décisions ministérielles annoncées en novembre, qui font l’objet d’applications et d’annonces.
Cette politique se matérialise à travers une feuille de route stratégique sur les données culturelles. Nous sommes une des seules, voire la seule administration française à s’être dotée de cet instrument de pilotage. Il décline en plusieurs actions une stratégie très offensive en faveur de l’ouverture et de la dissémination des données culturelles. Un rapport a ainsi été publié en janvier, il montre que cette ouverture participe de l’évolution, de la révolution du MCC dans son appréhension du numérique et demande aux institutions culturelles de s’engager dans cette démarche. Les fruits de cette politique émergent, la BnF a ouvert son catalogue de métadonnées en janvier, et des établissements culturels ont pris conscience des potentialités ouvertes par une politique volontariste.

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Cris Wiegandt & Nearly Normal for Scout Magazine

Mercredi 21 mai 2014, Etalab, la mission en charge de l’ouverture des données, est venue à Silicon Valois pour rappeler ce qu’était data.gouv.fr, les évolutions de la plate-forme collaborative, avec des retours très positifs du musée Picasso, du Centre des monuments nationaux, qui se sont dotés d’une nouvelle cellule numérique qui va traiter ces sujets. Petit à petit, nous avons réussi à contaminer chacune des institutions culturelles dans cette dynamique numérique, puisque la position du ministère est de donner des recommandations, d’accompagner les acteurs, mais pas de faire à la place des institutions dont il a la tutelle.

C’est un enjeu décisif dans les cinq prochaines années de ne plus avoir une posture défensive mais au contraire de réussir à développer des modèles économiques à travers l’ouverture des données culturelles puisqu’on a la chance en France d’avoir un patrimoine culturel extrêmement riche qui appartient à tous. Nous le considérons comme un bien commun de la connaissance dont on doit favoriser le partage et la réutilisation, pour les citoyens, pour les jeunes, pour les entrepreneurs qui peuvent créer des services innovants. Cette ouverture est sans barrière à l’entrée. On travaille sur ces notions de partenariat public-privé et d’exclusivité, qui font l’objet de développements dans ce rapport.

Le deuxième point consiste à coupler cette politique open data à de l’open content (œuvre libre, ndlr). Comment peut-on accompagner l’ouverture de contenus enrichis pour certains usages, notamment des contenus créatifs qui ont un intérêt pour les citoyens, grâce à des licences ouvertes type Creative Commons. Nous avons fait un audit juridique économique des contenus agrégés sur nos plates-formes, culture.fr et culturecommunication.gouv.fr, pour consolider un socle de base, et déterminer de façon plus lisible des conditions de réutilisation en précisant pour les grandes typologies de contenus les droits associés à travers des licences ouvertes. Ce travail a vocation à se poursuivre dans les années à venir pour affiner les mentions légales et permettre que les fichiers soient téléchargeables et réutilisables. Les seuls contenus qui ne sont pas ouverts sont les contenus vidéos multimédias produits par le ministère (une bonne partie des photos et les vidéos ne sont en fait pas sous Creative Commons, ndlr) car les droits cédés dans le cadre des contrats d’exploitation ne permettaient pas aujourd’hui d’utiliser des licences ouvertes. Nous avons travaillé sur de nouveaux gabarits de contrats.

Le domaine public constitue un autre axe. Il n’avait pas fait jusqu’à présent l’objet de portage politique, déjà par méconnaissance du patrimoine qui en est issu, alors qu’il représente une manne formidable de redécouverte d’un patrimoine culturel très important, on pense au patrimoine littéraire ou cinématographique. Travailler sur cette notion de domaine public va permettre, en la consacrant, en la définissant, en produisant un outil calculant des droits associés à une œuvre et donc de savoir si elle est dans le domaine public, et peut-être réutilisée de façon libre et gratuite, mais qui n’empêche pas à un acteur tiers d’en faire un usage commercial.

Le MCC a travaillé avec l’Open Knowledge Foundation (une association promouvant le savoir libre, ndlr), pour la réalisation d’un tel outil dont le prototype a été présenté en février et qui l’est ce 26 mai. Il est à peu près finalisé, nous avons travaillé avec l’OKFN et les membres du département numérique, notamment la juriste en charge de ces dossiers, et nous avons impliqué les communautés qui se sont intéressés au projet, qui nous ont permis de faire travailler cette intelligence collective pour nous aider à affiner ce prototype de calculateur. Il fonctionne avec un arbre de décision, c’est-à-dire une modélisation du système juridique français en matière de droit d’auteur, qui est très complexe, il doit prendre en compte des jurisprudences, notamment sur les prorogations de guerre, qui complexifie la lisibilité du droit d’auteur existant. Il y avait encore certains bugs dans le fonctionnement, on a travaillé à leur résolution, normalement Apollinaire sera bel et bien dans le domaine public.

think tank social media 2 magazine   Paris Le Louvre. 2012. © Martin Parr Trouver des business models autour des données culturelles

Martin Parr – Le Louvre

Aurélie Filipetti avait parlé d’un partenariat avec Creative Commons : « mon ministère accompagnera les établissements publics, dans le cadre d’un partenariat pilote avec Creative Commons France pour les sensibiliser et les former à l’usage des licences libres. Ce partenariat sera signé dès décembre. La maîtrise de ces nouveaux outils est la condition d’un accès renforcé à l’offre artistique en ligne. » Qu’en est-il ?

Nous travaillons de manière constante à présent avec Creative Commons France, une cellule hébergée au CNRS, au Centre d’études et de recherches de sciences administratives et politiques CERSA). Avec cette petite équipe de juristes experts sur les problématiques du droit du numérique, nous avons travaillé sur une vidéo didactique de deux minutes pour expliquer le fonctionnement des six licences CC et des outils associés, la marque du domaine public et la licence CC0 (voir ci-dessous). Elle est volontairement courte et simple pour offrir un premier degré de connaissance, l’exercice est compliqué car le fonctionnement des licences CC est complexe. C’était un travail passionnant de synthèse et de concision juridique. Elle a été pas mal reprise à l’internationale, ces sujets ont très peu d’échos en France, on a encore du mal, même si le numérique est poussé par le gouvernement, à comprendre réellement ces enjeux et ses potentialités pour les citoyens et les acteurs du monde culturel.

En revanche, ces débats ont lieu depuis une dizaine d’années aux États-Unis et ils en voient les fruits. En France, nous ne sommes pas en retard, on n’est pas en avance non plus.

Ce partenariat va se décliner, on l’espère avec le soutien de l’action culturelle de l’association, afin de développer des outils pratiques permettant de mieux comprendre ces licences. Il est d’autant plus important que de nouvelles licences CC, les 4.0, ont été publiées en novembre, leur traduction française est en cours. Leur spécificité est d’allier cette double dynamique sur laquelle on travaille, l’open data et l’open content. Contrairement à la 3.0, cette dernière version permet d’accompagner l’ouverture des contenus mais aussi des données, avec les modalités classiques des licences CC. Cela en fait des outils très pratiques pour les institutions culturelles notamment car il y a une porosité très fine entre la notion de donnée et de contenus.


Les licences Creative Commons par culture-gouv

Vous évoquiez le business model, cela semble le point faible actuel et du coup aussi celui du rapport sur l’ouverture des données culturelles…

C’est une question juste, qui ne touche pas que le secteur culturel. L’ensemble des secteurs qui travaillent sur l’ouverture de leurs données réfléchissent aussi au modèle économique, l’un ne va pas sans l’autre. On parle beaucoup d’open data comme vecteur de croissance et d’innovation et donc comme levier puissant pour l’entrepreneuriat français.

Il n’y a pas de business model clé en main, ce n’est pas au MCC ou au gouvernement français d’ériger des modèles économiques et d’en faire la recommandation, ce serait une erreur et méconnaitre l’économie du numérique. Ces modèles doivent se bâtir en fonction de la spécificité des fonds et des données qu’on détient et de la stratégie de développement que l’on souhaite.

Actuellement, il y a deux tendances. Comment peut-on pérenniser la numérisation des fonds, car avant d’être ouvertes et réutilisables, ces données doivent être numérisées en amont, cela coûte très cher. Le défi est de savoir comment accélérer cette numérisation et comment on pense l’open data en amont de la numérisation. Est-il pertinent de numériser un contenu qui va faire l’objet de très peu de réutilisations ou d’une attente faible des citoyens ?

Il existe des dispositifs, mentionnés dans le rapport, qui sont certes non limitatifs et dont la seule limite est l’imagination de l’entrepreneur. Seul ce dernier, qui a les mains dans le cambouis pour développer son application, son service, ou l’institution, vont pouvoir développer un modèle économique pertinent.

Aujourd’hui, le classique va être du freemium, un appel à la participation par l’ouverture et le partage d’un corpus de données, et ensuite un service premium à forte valeur ajoutée pour lequel le public va accepter de payer. La donnée doit être au préalable ouverte pour tous sans barrière à l’entrée, c’est un point très important.

Pour accompagner cette question, il faut discuter avec l’écosystème, il a un visage, ce sont des acteurs de la société civile, des think tanks, et des entrepreneurs. Dans le cadre de Silicon Valois, nous accueillons des résidents, comme des start-upeurs, ou le think tank Without Model, qui travaille sur les business models. Il les recense avec des exemples concrets, pour voir ce qui marche ou non, et ensuite adapter le positionnement et les stratégies.

Mais je vous rejoins tout à fait, aujourd’hui on travaille sur l’ouverture et le partage des données, de manière exploratoire aussi. Nous sommes acteurs d’un mouvement et initiateur d’une dynamique et en même temps observateurs du monde qui se construit. C’est la raison pour laquelle on avance à tâton, car la prise de conscience est lente. On n’a malheureusement pas encore de modèle économique flagrant qui permettrait à tout un chacun d’en voir l’utilité immédiate. Cela n’empêche pas l’ensemble du secteur culturel d’avoir pris conscience des potentialités et de travailler à la constitution de fichiers téléchargeables sur data.gouv, dans le cadre du programme Dataculture. Toutes les données statistiques culture – Base Mémoire (images du domaine public), base Léonore (Légion d’honneur), base Ulysse (Archives nationales d’Outre-Mer), base Archim (archives nationales)… L’objectif est de créer à terme un grand répertoire data culture sur nos sites pour héberger les fichiers en libre téléchargement et référencés sur data.gouv.

think tank social media 2 magazine   business model Sun Ray utoopics Trouver des business models autour des données culturelles

Sun Ray – Joconde

Aurélie Filipetti avait parlé d’un « partenariat entre le ministère de la Culture et de la Communication et l’INRIA sur les enjeux du web 3.0 pour le secteur culturel, qui se traduira par un cycle de conférences et mettra en lumière les nombreuses initiatives déjà en cours (GINCO, JocondeLab, Wikitionnaire, Mimo de la Cité de la Musique) ». Où en sont ces différentes annonces sur le web 3.0 (ou web sémantique) ?

Ce partenariat avec l’Inria est stratégique pour le MCC à deux titres. Il lui a permis de travailler sur les technologies de rupture. Depuis quelques années, le secteur culturel a été pionnier sur les technologies sémantiques, c’est-à-dire donner du sens aux données et permettre leur interconnexion sémantique, avec par exemple Mimo à la Cité de la musique, dans le cadre d’un programme européen. Le MCC a travaillé à une feuille de route sur les métadonnées culturelles et les technologies 3.0, dites sémantiques, publié en janvier. Elle a été déclinée en neuf fiches-actions, sur lesquelles nous travaillons avec les opérateurs culturels et les experts du secteur, des experts extérieurs comme l’Inria, ou des entrepreneurs tiers. Elles ont une vocation opérationnelle, ce sont des sujets très complexes, on peut s’y perdre facilement si on ne fixe pas de grandes orientations et notre calendrier est très serré, 2014-2015.

Nous avions conclu il y a deux ans un partenariat, SémanticPédia entre l’Inria, le MCC et Wikimedia France qui a initié cette dynamique en 2010. Aujourd’hui on veut voir comment un partenariat de R&D plus large permettrait à des institutions culturelles, des établissements publics notamment, de s’insérer dans ce dispositif qui ne concernait que l’administration centrale. Dans le cadre de Silicon Valois, des groupes d’experts se réunissent pour travailler sur la mise en œuvre de cette feuille de route qui entre dans sa phase opérationnelle depuis quelques jours. Les premiers livrables doivent intervenir dès la fin 2014.

Nous travaillons aussi sur la formation, pour qu’une dynamique s’ancre dans l’ADN du ministère, il est important que les agents, y compris dans les institutions culturelles, et dans les directions régionales des affaires culturelles, aient des compétences sur des sujets de plus en plus techniques et transversaux, on passe du juridique et de l’économique à du technique, sans oublier les aspects éditoriaux qui sont essentiels en matière d’open data et de web sémantique pour contextualiser les données mises à disposition et permettre aux citoyens de comprendre des tableaux Excel incompréhensibles du commun des mortels.

Le partenariat avec l’Inria se manifeste par des cycles de conférences, dans cette optique de formation, des administrations mais pas uniquement, puisqu’elles sont ouvertes. Il y en a eu une le 27 janvier dernier à la Cité de la musique au cours de laquelle des projets du MCC et de ses opérateurs ont été exposés, notamment JocondeLab, mené par la direction générale des patrimoines et la délégation générale à la langue française et aux langues de France, qui est une expérimentation de tagging sémantique et de techniques 3.0. Le projet Histoire des arts a été un des premiers projets du ministère à les utiliser.

D’autres conférences ont apporté un regard international, c’était très intéressant de voir ce que fait la BBC, une industrie culturelle de l’audiovisuel public très en avance qui a intégré dans son organisation une cellule de R&D, à hauteur de 1% du budget, et a ainsi toujours un coup d’avance.

La question de l’appropriation est abordée via le numérique. Mais ne s’agit-il pas de développer une politique de l’appropriation tout court, alors que la culture muséale française reste très verticale ?

Le squelette de tout ce que nous venons d’évoquer, c’est cette politique des usages. La question de l’appropriation vient en rupture de la vision du numérique telle qu’elle avait été perçue par le MCC pendant quelques années, exclusivement défensive. Les usages numériques innervent notre quotidien avec tous ces terminaux connectés. On voit que l’appropriation, à travers la question de la création, l’utilisation d’applications, est très importante. Avec Silicon Valois, nous avons voulu créer les conditions d’un espace de travail permettant la création, l’appropriation de ressources culturelles qui sont libérées. Cela va jusqu’à l’identité visuelle de cette séquence, ouverte en open content, permettant à des collectifs d’artistes de la revisiter. Cela peut paraitre anecdotique, mais c’est hautement symbolique, quand on pense à la manière dont on conçoit une séquence numérique, d’autant plus sur ces sujets.

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Romain Trystram – Pompidou

Mais c’est toujours sous le prisme du numérique…

Est-ce que cette séquence est vraiment numérique ? C’est symbolique puisque la dernière mesure est la création d’un espace éphémère de co-working, le co-working n’a rien de numérique. Le numérique commence à travers le matériel et les infrastructures utilisés, on vient avec sa tablette, son ordinateur, c’est devenu un outil de travail. Cela innerve en amont l’ensemble des politiques sectorielles, la politique des usages numériques permet d’enclencher une dynamique mais le numérique n’est pas une politique en soi, en ce moment c’est un axe du gouvernement de modernisation de son action publique, une manière de penser différemment notre quotidien et la façon dont on s’approprie les outils pour travailler, créer, innover, entreprendre.

Oui, cette séquence nous permet de faire la synthèse de projets mis en oeuvre depuis un an, à travers des partenariats, mais un partenariat avec Creative Commons France sur l’ouverture des données n’a que peu d’intérêt si les gens ne s’approprient pas les données pour créer, sur des supports numériques, mais également physiques. On pense par exemple aux potentialités en matière de design, il y a une mini-exposition dans le hall, un architecte a fait de l’impression 3D à partir de données numériques. Une sculpture n’a rien de numérique en soi, c’est l’utilisation de nouveaux outils. Une découpe laser, une imprimante 3D ont de l’utilité à travers les matériaux qu’on donne, et souvent ce sont des matériaux numériques. La conviction profonde du MCC est de réussir sa transition numérique et la boucle sera bouclée par rapport à ce que je disais en propos liminaire lorsque l’ensemble de nos politiques seront numériques.

Mais tant qu’on aura des musées où on ne peut pas toucher…

C’est un vrai questionnement qui touche les dispositifs de médiation, aujourd’hui on les pense à travers l’audioguide, une Nintendo DS ou un smartphone. L’appropriation passe aussi par l’appréhension physique d’un lieu, et comment on le conçoit et on l’interroge. Cette problématique revisite aussi la notion de performance artistique. Un des enjeux, mais je ne suis pas conservateur de musée, est de savoir comment parvenir à travers même la scénographie des dispositifs de médiation à cette appropriation. Nous avons organisé dans le cadre de Silicon Valois des ateliers avec des institutions culturelles, notamment sur les objets connectés et leur utilisation dans le cadre de la médiation. Nous avons ainsi reçu Happy trucs. Il pourrait y avoir des applications concrètes dans les musées. Mais selon moi, cette appropriation est à envisager sous l’angle de la médiation culturelle. On ouvre les portes du ministère, les résidents s’empare du lieu quotidiennement. Nous avons accueilli des jeunes de l’Ecole supérieure d’architecture, qui présentaient leur projet de fin d’année devant un jury, vous voyez devant nous une œuvre installée par eux, des performances artistiques ont été organisées dans le hall. Les résidents y organisent leur rendez-vous professionnels, Cela participe de l’ouverture et de l’appropriation d’un espace qui, il ne faut pas l’oublier, appartient à tous. On organise ce mercredi 28 mai un barcamp pour réfléchir à l’après Silicon Valois, vous êtes les bienvenus. Ce sont des enjeux culturels, pas au sens « du secteur culturel », mais « intellectuel ».

Cette politique impulsée par le MCC peut donner l’impression d’être très parisiano-parisienne et de présenter un seuil d’accès assez élevé, ne serait-ce que par le vocabulaire employé. Comment relayez-vous ce discours dans les équipements culturels locaux : bibliothèques, musées, scènes de spectacle… ?

Il peut donner l’impression d’être parisiano-centré, c’est loin d’être le cas. Il y a des représentants d’institutions culturelles en région, le théâtre national de Strasbourg, l’école nationale supérieure de la photographie d’Arles…

Ce sont de grosses institutions…

Ce sont des institutions sous notre tutelle. Certains entrepreneurs profitent de déplacements sur Paris ou Bruxelles pour travailler ici. Cette politique se territorialise à travers des contrats de progrès État-région sur lesquels nous travaillons en ce moment, sur une stratégie numérique territoriale. L’enjeu est de former les directeurs régionaux des affaires culturelles et de travailler avec les acteurs de terrain, les clusters, les TPE-PME qui étaient présents. Toutes les agences régionales étaient là pendant deux jours, comme l’agence régionale du livre, pour des ateliers sur l’entrepreneuriat dans le domaine culturel à l’heure du numérique. Ils sont donc acteurs de cette dynamique et c’est important car ce sont ensuite nos ambassadeurs en région. Les institutions culturelles, je pense notamment à l’INA qui a des antennes régionales ou la Réunion des musées nationaux et du Grand Palais, territorialisent la dynamique numérique qu’ils mettent en œuvre. En réalité peu de choses se passent à Paris, des acteurs du co-working nous ont aidés, La cordée qui a des antennes à Lyon, Silicon Sentier qui en a sur tout le territoire avec les Cantines. On atteint aussi les acteurs à travers des dispositifs de médiation et de communication. Les conférences susceptibles d’intéresser des acteurs régionaux sont filmées et mises à disposition sur les sites du MCC. On peut suivre à distance via Twitter, on échange ainsi avec cet écosystème qui grossit de jour en jour. Cette économie de projet a été mise en place en six mois, parce que nous ne travaillons pas seuls, et différemment, ces acteurs enrichissent notre réflexion et nos pratiques.

Allez-vous dupliquer, par exemple en région, Silicon Valois ?

C’est un des axes, tout s’inscrit sur le long terme, d’où la nécessité de réfléchir avec ceux qui ont fait vivre cette séquence, le dernier jour, sur les enseignements à tirer et ce qu’on peut en faire pour transformer l’essai. Je ne pense pas que ce soit forcément le rôle d’une administration d’avoir un espace de co-working en son sein mais peut-être, si cela répond à un besoin ou une demande des acteurs du secteur, d’inciter des institutions publiques en région à ouvrir davantage d’espaces d’innovation, qui ne sont pas forcément culturels.

Silicon Valois est la reprise d’une terminologie renvoyant à un certain imaginaire autour de l’innovation états-unienne. Est-elle pertinente pour désigner un des futurs de la politique culturelle à la française ?

Le nom est parti d’un calembour qui est pertinent, l’idée est non pas de dupliquer ce qui est fait dans la Silicon Valley en Californie, mais de voir comment cette énergie créatrice importante, dont personne ne peut ignorer les résultats – même s’il y a eu des articles sur l’hypocrisie de la Silicon Valley, et les entrepreneurs qui s’y rendent et n’arrivent pas à transformer l’essai -, comment cette énergie trouve une application directe en France. Quel chemin on fait de la Californie, c’est ce qu’on a mis dans le pitch, à la rue de Valois, il y a une trotte, cela laisse le temps de réfléchir. Comment on s’approprie ce qui a marché dans cet esprit pour créer les conditions de l’innovation, comment on recrée des lieux, des espaces publics qui permettent cette effervescence créatrice et à de jeunes entrepreneurs de se lancer ?

Cet espace est éphémère car on a souvent tendance à penser les politiques culturelles dans une pérennité absolue, il est aussi important de les penser à un instant et d’enclencher une dynamique qui a vocation ensuite à innerver des territoires, d’autres acteurs, et permettre son appropriation pas forcément pour le MCC mais dans d’autres secteurs comme le ministère de l’Éducation ou de la Jeunesse, qui ont peut-être pour le coup vocation là à dupliquer ces initiatives pour irriguer l’ensemble des champs de nos politiques.

L’ambition de cette politique ne se heurte-t-elle pas à des barrières techniques, comme l’obsolescence des SI, l’état du parc informatique, qui se répercute dans les coûts de mise en œuvre de cette politique ?

J’y vois une opportunité. Ces bases de données se sont constituées dans une optique professionnelle et documentaire principalement, elles n’avaient pas vocation à être ouvertes au public. L’open data force à moderniser nos SI, c’est toute l’action du gouvernement et chez nous de la direction des systèmes d’information, avec un directeur qui est très impliqué.

La question du format est centrale, c’est pour cela que nous formons, on travaille dessus pour la suite pour pérenniser cette dynamique. Oui c’est coûteux, c’est la raison pour laquelle il faut penser l’open data en amont notamment dans les nouveaux projets pour avoir des fichiers propres et stables dès la conception et les investissements. L’open source est un autre aspect dont on a peu parlé. Les technos et le développement de projets coûtent très cher, on force et encourage les institutions culturelles à mutualiser et pour ce faire à utiliser de l’open source. Une circulaire interministérielle a été publiée en 2012, le MCC est engagé dans cette démarche depuis longtemps. C’est pourquoi l’open source est aussi discuté lors de cette séquence pour permettre à des institutions culturelles pour mieux en connaitre les tenants et les aboutissants.

Article de Sabine Blanc, Publié le 26/05/2014 sur lagazette.fr.

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Akim El SIKAMEYA – Love against fundamentalism

juin 28, 2014 0

He sings unashamedly about carnal love, life, tolerance and happiness. Algerian Akim El Sikameya is best described as a liberal and libertine Arab-Andalusian singer. The peculiarity of his androgynous voice, the brightness of his music, and the poetry of his lyrics is a delight to the ears. His first video clip, Un chouia d’amour (a little bit of love) is a breath of fresh air for the Arab world.

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